Choupette, 2 ans 1/2, cumule les bronchiolites comme d'autres
les cigarettes...Pas un mois ne passe sans kiné respiratoire, sans
toux...et jamais plus de 3 semaines sans retourner voir le kiné,
qui doit m'adorer, moi qui laisse tant d'argent chez lui
Après moults examens, on a découvert qu'un vaisseau sanguin mal
placé écrase sa trachée, ce qui donne ce piètre résultat santé.
Une fibroscopie est prévue, dans 10 jours, à l'issue de laquelle
il y aura 2 options : soit le vaisseau comprime trop la trachée, et
du coup, ce sera une intervention pour remédier à la
situation
Soit c'est pas trop trop grave et on attend de voir ce que ça donne
en grandissant.
Jusque ce matin, je ne savais pas quoi espérer? Intervention ou
pas? Les 2 ont leurs avantages et leurs inconvénients :
Si opération, on serait débarrassé une bonne fois pour toute! Mais
pas très envie que ma petite pepete subisse ça
Si pas opération, pas d'anesthésie, de séjour à l'hopital, pas
besoin de s'organiser pour faire garder les 2 autres. Mais ça veut
dire aussi que les bronchiolites et pb respiratoire vont continuer
encore quelques temps ou toujours....
Mais depuis lundi, nouvelle bronchiolite! Et violente celle
ci.
Et ce matin, la pneumologue m'annonce donc que la date est fixée
pour la fibroscopie, dans 10 jours.
Et là, j'ai craqué! Finalement, j'espère, je prie, je croise tout
pour que ce que l'on voit nécessite une intervention.
J'ai même dit à la pneumologue que si à l'issue de la fibro, elle
trouvait que c'était limite, je préfére qu'elle opére.
Horrible non?
Je me cache derrière des arguments comme : ce sera mieux pour la
miss, je suis fatiguée pour elle, mais c'est faux. Si je suis
fatiguée, c'est pour moi!
J'en ai marre de devoir courir tous les 4 matins chez le médecins,
de devoir penser à lui faire de la ventoline et du sérétide tous
les jours, de devoir prendre du temps pour aller chez le kiné tous
les jours.
Marre de plus pouvoir faire de projets à longs termes de peur de
les voir s'annuler au dernier moment pour cause de maladie
respiratoire
Marre de passer mon temps à scruter sa respiration pour déterminer
si le râle que j'entends est celui habituel ou celui qui signera le
début d'une nouvelle série de kiné...
Et je me prends à rêver de pouvoir partir loin, de n'avoir plus
d'enfants pendant un temps indeterminé, où je n'aurais à penser
qu'à ma prune, où je pourrais passer une nuit à dormir sur mes 2
oreilles, où je n'aurais pas de médicaments à donner, de fièvre à
soigner, de pleurs à sécher.
J'ai hate qu'ils grandissent. Pourtant, j'aime cette période du
nouveau-né à l'enfance où on passe notre temps à les dorlotter.
J'aime pouvoir me pelotonner dans un fauteuil et donner son bib à
mon loulou dans un tendre tête à tête. J'aime les premiers éclats
de rire, la 1ere dents, la 1ere fois qu'ils me disent "maman", leur
tête toute étonnée et fiere quand ils font leurs premiers pas tout
seul, encore sous le choc d'y être arrivés!
J'aime qu'ils m'aiment, qu'ils veulent des bisous, des calins,
qu'ils soient encore dans la pensée magique qu'un bisou peut tout
réparer
J'aime les petites réflexions et distorsions, leur facultés à
s'émerveiller mille fois de la même chose ("Han!! Maman!! Chik il a
poussé la voiture bleue, elle est toute cassée! C'est pas bien
Chick" Oui, malgré 15000 visionnages de Cars, mon fils continue à
s'indigner devant le comportement méchant de ce connard de Tchik
qui pousse le pauvre vieux King)
Et pourtant, désormais, j'attends avec impatience leur
adolescence, période finalement bénie où bien qu'ils seront
ingrats, impolis et certainement qu'ils me détesteront, mon seul
soucis pour leur santé sera de leur rappeler d'aller voir le
médecin à 17h, de mettre à jour leur vaccins et de toujours
utiliser des préservatifs.
Parce que ça y est, je suis lassée. Lassée de me sentir
impuissante, de voir ma louloute souffrir et tousser comme une
perdue et de ne rien pouvoir faire, lassée de me sentir fatiguée,
dégoutée de me sentir énervée contre elle parfois, alors qu'elle
n'y peut rien.
Et je me surprend à avoir une préférence pour mes garçons, qui,
eux, bien qu'ils ont été malades, l'ont moins été, ou moins fort,
et donc m'ont posé moins de soucis..
Et je me sens mauvaise mère de lui en vouloir pour ça, pour les
nuits sans sommeil, les trajets sous la pluie jusque chez le
médecin ou le kiné, les sommes folles dépensés pour ça, la
condescendance des médecins qui vous regardent de haut.
C'est horrible, mais je l'aime, et ça me fait d'autant plus mal
au coeur, et j'ai encore un fois envie de pleurer, de hurler, parce
que trop c'est trop et que, parfois, on aimerait juste un temps
mort....
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